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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




30 avril.

Ainsi vont les choses dans ce pauvre monde de la politique du jour On se donne les airs d’un parlement omnipotent jouant à la Convention ; on prétend absorber tous les pouvoirs, évoquer toutes les questions, confondre toutes les idées et tous les droits ; on passe son temps à faire des ministères et plus souvent à les défaire ou à les asservir, tandis que ces ministères eux-mêmes perdent leur temps à traiter avec les plus vulgaires passions dans l’espoir de fixer, de rallier une majorité insaisissable. On use et on abuse tant qu’on le peut de la domination. Le résultat, pour ce commencement d’année, c’est une session d’hiver qui n’a servi à rien.

Les chambres françaises, en effet, se sont réunies il y a trois mois, elles viennent de se séparer pour un mois. Qu’ont-elles fait pendant qu’elles ont été ou qu’elles ont paru être à l’œuvre, pour le bien du pays, pour les intérêts, pour le travail, pour la paix civile, pour la considération de la France ? Les républicains qui veulent bien être à demi sincères en conviennent eux-mêmes : on n’a rien fait, on n’a même essayé de rien faire sérieusement. Sauf un emprunt laborieusement voté, unique bienfait que les contribuables doivent à leurs représentans, tout s’est passé en querelles intestines, en vaines interpellations, en intrigues vulgaires, dans une série de séances sans éclat, sans suite et sans profit. Cette session qui vient de s’interrompre pour quelques semaines, elle n’a servi encore une fois qu’à rendre sensible ce perpétuel contraste entre le tempérament du pays et les stériles turbulences de ceux qui le représentent ou qui sont censés le représenter. Tandis que le pays reste obstinément calme dans sa vie de