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I

La session de 1818 s’ouvrit par un petit succès pour le parti doctrinaire, suivi bientôt d’un petit échec. Sur les cinq candidats à la présidence, présentés au roi par la chambre des députés, quatre appartenaient à ce parti presque imperceptible, M. de Serre, M. Royer-Collard, M. Camille Jordan, et M. Beugnot. M. de Serre fut choisi.

Il entreprit d’inaugurer sa présidence par la réforme, ou plutôt par la refonte du règlement de la chambre, en prenant pour thème le règlement de la chambre des communes. C’était imiter ce qu’avait fait avec succès M. Dumont à Genève ; je l’avais expliqué à mes nouveaux amis. M. de Serre fut moins heureux que M. Dumont. Il trouva dans l’esprit de routine, à nous légué par nos premières assemblées, un obstacle insurmontable. Sa proposition, attaquée de toutes parts, fut écartée le 20 février. Je l’ai bien souvent regretté depuis, et je demeure convaincu que les principales dispositions de ce règlement, s’il eût été adopté, auraient exercé sur la marche des discussions, et, par cela même, sur la direction générale des affaires, une grande et salutaire influence. Chose singulière que M. de Serre, ancien émigré, officier de l’armée de Condé, avocat de province, magistrat uniquement versé dans les habitudes de palais, eût mieux compris, d’instinct et comme par divination, les conditions essentielles du gouvernement parlementaire que le plus éclairé de ses collègues.

Les trois grands projets de loi qui défrayèrent, si l’on peut ainsi