Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 78.djvu/934

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dans celui de M. Levallois. L’impression et l’illustration en sont dignes de la maison Marne.

On trouvera d’utiles renseignemens aussi dans le Vieux Paris de M. Victor Fournel, publié par la même librairie, et mieux que d’utiles renseignemens : je veux dire, sous la simplicité de la forme, une connaissance étendue, approfondie, et presque unique de son sujet. Représentations des mystères, jeux publics de l’université, foires de Paris, marionnettes et ombres chinoises, opérateurs et charlatans, devins et ventriloques, c’est tout un passé que M. Victor Fournel évoque pour ses lecteurs, tout un petit monde, tout ce qui forme en tout temps, qui formait du moins autrefois, le tableau changeant et mouvant de la vie populaire. Quand l’heureux choix des illustrations, à lui seul, n’induirait pas en lecture quiconque feuillettera ce livre, il y suffirait assurément du pittoresque et de la variété de son contenu. Mais pour ceux qui savent combien d’autres questions sont liées à une exacte connaissance de ce que nous apprend ici M. Victor Fournel, ils feront de ce livre d’étrennes un livre de bibliothèque.

Nous avons déjà signalé les précédens volumes du Littoral de la France, par Mme Vattier d’Amboyse : celui-ci, le quatrième, publié comme les trois premiers, par la librairie Palmé, achève, par la description des côtes de Gascogne, — de La Rochelle à Hendaye, — la description du littoral français océanique. Dirai-je que je n’en aime pas beaucoup le bizarre frontispice, mystique, symbolique, allégorique et patriotique ? Mais il y vaut mieux louer la persévérance ou même le dévoûment de l’auteur à la tâche qu’il s’est donnée. Le mot est gros : c’est pour dire que les voyages, en France même, ne sont pas toujours aussi faciles que l’on croit, ni surtout aussi confortables. Mme Vattier d’Amboyse n’en a pas moins bravement exploré la côte, de La Rochelle jusqu’à Hendaye, aussi consciencieusement qu’elle l’avait fait de Dunkerque à La Rochelle, ne ménageant, pour tout voir, tout savoir, ni son temps ni sa peine. Et, bien informé, bien imprimé, bien illustré, pour être parfait en son genre, il ne manquerait à son livre que d’avoir quelquefois moins de style.

La librairie Plon, sans parler de quelques fort jolis Albums, nous offre cette année deux livres où l’illustration humoristique tient presque autant de place que le texte. L’un est le journal d’un ingénieur de la marine, M. Rollet de l’Isle : Au Tonkin et dans les mers de Chine, souvenirs et croquis ; l’autre est intitulé : Comédie du jour sous la république athénienne ; le texte en est de M. Albert Millaud, et les dessins de M. Caran d’Ache.

Nous ne pouvons que recommander vivement le premier, et quand ce ne serait que comme un éloquent témoignage de cette bonne humeur persistante qui relève et soutient, aujourd’hui comme jadis, le tempérament français dans les circonstances les plus graves. Pour