Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/286

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m’a faite en me plaçant et en me maintenant sur le trône,.. d’abdiquer, pour moi et mes descendans, le droit de succession à la couronne de France, désirant de vivre et de mourir avec mes aimés et chers Espagnols.

« Afin que cette délibération ait l’effet qu’elle doit avoir,.. de mon propre mouvement, de ma libre, franche et saine volonté, moi, don Philippe, par la grâce de Dieu, roi de Castille, etc,.. je renonce, par le présent acte, pour toujours et à jamais, pour moi-même et pour mes héritiers et successeurs, à toutes prétentions, droits et titres que moi, ou quelque autre de mes descendans que ce soit, ayons, dès à présent, ou puissions avoir, en quelque temps que ce puisse être,.. à la succession de la couronne de France ; je les abandonne et m’en désiste pour moi et pour eux, et je déclare et tiens, moi et mes enfans, héritiers et descendans, pour exclus à perpétuité et inhabiles, absolument et sans limitation, différence ni distinction de personnes, de degrés, de sexe et de temps, du droit de succéder à la couronne de France, et je veux et consens, pour moi et mes dits descendans, que, dès à présent comme alors, moi et mes descendans étant exclus, inhabiles et incapables, l’on regarde ce droit comme passé et transféré à celui qui se trouvera me suivre en degré et immédiatement,.. et auquel successeur immédiat on déférera la succession de la couronne de France, en quelque temps et en quelque cas que ce soit, afin qu’il l’ait et la possède comme légitime et véritable successeur, de même que, si moi et mes descendans n’eussions pas été nés, ni ne fussions pas au monde, par ce que nous devons être tenus et réputés pour tels, afin que, ni en ma personne ni en celle de mes descendans, on ne puisse considérer ni faire fondement de représentation active ou passive, commencement ou continuation de ligne effective ou contemplative… Je veux et consens, pour moi-même et mes descendans, que, dès à présent comme alors, ce droit de succession soit regardé et considéré comme passé et transféré au duc de Berry, mon frère, et à ses enfans et descendans mâles, nés en légitime mariage, et, au défaut de ces lignes masculines, au duc d’Orléans, mon oncle, et à ses enfans et descendans mâles, nés en légitime mariage, et, au défaut de ces lignes, à mon cousin le duc de Bourbon et à ses enfans et descendans mâles,.. et ainsi successivement à tous les princes du sang de France, leurs enfans et descendans mâles pour toujours et à jamais, suivant le rang et l’ordre dans lesquels ils seront appelés à la couronne de France par le droit de leur naissance,.. afin qu’ils la possèdent comme véritables et légitimes successeurs de la même manière que si moi et mes descendans nous n’étions pas nés.