Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/285

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« Don Philippe, par la grâce de Dieu, roi de Castille, d’Aragon, des Deux-Siciles, de Jérusalem, de Navarre, de Grenade, de Tolède, de Valence, de Galice, de Mayorque, de Sardaigne, de Cordoue, de Murcie, de Jahen, des Algarves, d’Algéziras, de Gibraltar, des îles Canaries, des Indes orientales et occidentales, des îles et terres fermes de la Mer océane, archiduc d’Autriche, duc de Bourgogne et de Milan, comte d’Apsburg, de Flandre, de Tyrol et de Barcelone, seigneur de Biscaye et de Molina, etc.. Soit notoire et manifeste aux rois, princes, etc… que l’un des principaux fondemens des traités de paix à faire entre la couronne d’Espagne et celle de France, d’une part, et celle d’Angleterre, de l’autre, pour parvenir à la paix générale, étant d’assurer, pour toujours, le bien universel et le repos de l’Europe, et d’établir un équilibre entre les puissances, afin qu’il ne puisse pas arriver que, plusieurs étant réunies en une seule, la balance de l’égalité qu’on veut établir penche à l’avantage de l’une de ces puissances, au risque et dommage des autres, il a été proposé et fait instance par l’Angleterre, et il a été convenu de ma part et de celle du roi, mon grand-père, que, pour éviter, en quelque temps que ce soit, l’union de cette monarchie à celle de France,.. il se fit des renonciations réciproques, pour moi et tous mes descendans, à la succession de la monarchie de France, et, de la part des princes de France et de toute leur ligne présente et à venir, à la succession d’Espagne, faisant réciproquement une abdication volontaire de tous les droits que les deux maisons… peuvent avoir de se succéder mutuellement, séparant, par le moyen de ma renonciation, ma branche de la tige royale de France et toutes les branches de France de la tige du sang royal d’Espagne, prenant aussi des mesures… pour que l’on prévienne l’inconvénient qui arriverait si, au défaut de mes descendans, le cas avenait que la monarchie d’Espagne retombât à la maison d’Autriche, que ces états et leurs dépendances, même sans l’union de l’empire, rendraient alors formidable ; .. pour cet effet, il a été convenu et accordé par l’Angleterre, avec moi et avec le roi, mon grand-père, qu’à mon défaut et A celui de mes descendans, le duc de Savoie serait appelé à la succession de cette monarchie, lui, ses enfans et descendans mâles, issus en légitime mariage, et, au défaut des lignes masculines, le prince Amédée de Carignan, et, à son défaut, le prince Thomas,.. lesquels, comme descendans de l’infante Catherine, fille de Philippe second,.. y ont un droit clair et connu ; .. j’ai résolu, en conséquence,.. par l’amour que j’ai pour les Espagnols, par la connaissance que j’ai de ce que je dois au leur, par la fréquente expérience que j’ai faite de leur fidélité et pour rendre grâce à la divine Providence… de la faveur qu’Elle