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DU
DANUBE A L’ADRIATIQUE

VII. [1]
LA QUESTION DU BOSPHORE.

Vous venez de faire un beau voyage; vous descendez de l’Express-Orient. N’eussiez-vous passé que trois jours à Constantinople, la première question qu’on vous adresse est celle-ci : « Que pensez-vous de l’empire ottoman? — Pardon, j’arrive d’Athènes. Les Grecs sont pleins de sens et de finesse... — Parfaitement; mais les Turcs? — J’ai traversé la Roumanie. Je suis émerveillé de la bonne tenue des troupes et de la prospérité des campagnes... — D’accord, mais parlez-nous des Turcs! »

C’est que, pour tout bon Français, nos véritables amis, en Orient, ce sont les Osmanlis. Nos liens avec eux ne datent pas d’hier : ils remontent à François Ier. Nous penchions pour le Turc, alors même que la France très chrétienne s’appelait la fille aînée de l’Église; et c’était alors un sujet de scandale dans la chrétienté. On ne rompt point en un jour une si vieille amitié. Dans les momens de crise, lorsque d’autres semblaient désespérer de

  1. Voyez la Revue du 1er novembre.