Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/11

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PREMIÈRE PARTIE.


Il y a toujours eu, il y aura toujours une question d’Egypte. Placée entre la Méditerranée et l’Océan-Indien, l’Egypte est en communication avec toutes les contrées baignées, comme elle, par la première de ces deux mers ; elle conduit au cœur de l’Afrique, elle est le chemin le plus rapide pour aller dans l’extrême Orient ; elle est le trait d’union entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, les trois grandes fractions du vieux continent ; elle fut, elle est encore, dans une certaine mesure, l’entrepôt du commerce, le centre des transactions. Berceau des sciences et des arts, elle a élevé des monumens qui furent les premières merveilles issues de l’esprit humain, dont on retrouve encore les grandioses ruines à chaque pas. Elle a initié les nations voisines aux bienfaits de la civilisation ; la Grèce y a puisé ses premiers enseignemens ; elle lui doit sa grandeur qui éclaira bientôt, d’une lumière nouvelle, d’autres régions, celles qui devaient constituer l’empire romain. L’historien Josèphe estime que l’Egypte avait, de son temps, une population de 7 millions d’habitans. Exaltant le prix de sa conquête avec l’exagération habituelle aux Asiatiques, Amrou prétend qu’elle avait été autrefois de 57 millions. Ce qui est certain, c’est que, de tous les peuples qui ont une histoire, le peuple égyptien est le plus ancien ; ses premiers gouvernans, au dire de la légende, furent les dieux eux-mêmes.