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Le Crime et la Peine, par M. Louis Proal. Paris, 1892 ; Alcan.


Que l’on soit obligé d’écrire tout un livre, et un gros livre même, — de plus de cinq cents pages, d’une impression très serrée, — pour établir que le crime, en général, est l’œuvre de la volonté de celui qui le commet, c’est ce qui peut paraître assez étonnant d’abord, scandaleux ensuite, et finalement inquiétant. Mais il faut réfléchir que cette question du crime et de la peine, tant agitée depuis quelques années entre médecins, magistrats et philosophes, est l’une des plus complexes et des plus obscures qu’il y ait. Il ne s’agit, à la vérité, que de définir trois mots ou trois idées, pas davantage, mais ces trois idées ou ces trois mots, on ne saurait les définir sans remuer, en quelque manière, toute l’histoire et toute la métaphysique. Qu’est-ce en effet que le crime ? Sans aller jusqu’à dire, avec certains auteurs, que « des sociétés entières ont vécu fondées sur ce que nous réprouvons : le vol, l’adultère, l’inceste, et méprisant tout ce que nous louons : la chasteté, la propriété, la famille, la charité, » — ce qui serait, par bonheur, assez difficile à prouver, — cependant il n’est pas douteux que les mêmes actes n’aient pas en tout temps et en tous lieux soulevé la même réprobation : ainsi le sacrilège, l’hérésie, et l’assassinat politique, et

Ces crimes d’état qu’on fait pour la couronne,