Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/559

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a pris position sur la côte du Namaqualand et du Damaraland, à la même hauteur en latitude que le Transvaal, mais sur les rives de l’Atlantique, et, en longitude, à un intervalle de dix degrés. On pensait jusqu’ici qu’un protectorat doit respecter le droit de souveraineté territoriale et protéger le souverain, blanc ou noir. La politique allemande a changé tout cela. Elle a dit aux nègres : le souverain, c’est moi, et les nègres ne l’aiment guère. Toutefois le Transvaal a cru qu’il pourrait tirer parti de ce voisinage pour obtenir beaucoup en inspirant la crainte d’un rapprochement à prévoir entre les boers et les protecteurs du Damaraland.

L’espace intermédiaire, des frontières transvaaliennes aux limites de la zone allemande, a été comblé depuis par la création d’une province anglaise, le Betchouanaland britannique, d’un protectorat et d’un transprotectorat ou sphère d’influence, en style de chancellerie.

Mentionnons encore un protectorat nominal de l’Angleterre sur le littoral des Pondos. Il sert simplement à prévenir l’installation de toute autre puissance. Le Pondoland est un territoire cafre qui sépare le Cap du Natal. M. Nagel, de Carlsruhe, avait signé des conventions avec le chef le plus important du pays, et, à cette époque, on appréhendait de voir se réitérer là le dénouaient toujours regretté des tractations du négociant brêmois Lüderitz avec les principicules de la côte sud-ouest, celles qui amenèrent le débarquement de l’Allemagne en 1884.

Quant au Zoulouland, c’est maintenant une annexe du Natal. Le gouverneur de cette colonie l’administre en vertu d’une commission expresse et à l’aide de magistrats résidens. Une tentative de révolte, en 1888, a complètement échoué ; Dinizoulou, fils de l’ancien et redoutable adversaire des Anglais, Cétivayo ou Ketchvayo, l’expie à Sainte-Hélène, mais pas à Longwood. Les Zoulous ont passé au second plan ; la prochaine guerre cafre déroulera ses péripéties fort loin de leur contrée, dans le bassin du Zambèze, et ce sera encore une tribu de leur belliqueuse famille que les blancs combattront et soumettront, les Matébélés.

Le Portugal, sur les rivages de l’Océan-Indien, défend ses titres historiques et garde la côte opposée à Madagascar. Une compagnie à charte, renouvelée des grandes sociétés de colonisation du XVIIe siècle, agitant le drapeau britannique, tout en promenant, comme on le verra, celui de l’autonomie sud-africaine, s’est querellée avec lui ; elle ne donnera la mesure de ses forces qu’après avoir réduit les Matébélés.

Telle est la maison à six étages, avec des dessous et des appentis, dont nous visiterons le rez-de-chaussée. Comme locataires, nous y trouverions des boers jusqu’au sixième, et c’est encore au