Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/150

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villégiature véritable, c’est celle des lacs de la Lombardie. Il est vrai qu’elle ne répond pas aux mêmes indications et qu’on ne la fréquente que pendant l’été. Située au pied des Alpes, qui l’abritent des vents du nord, la région des lacs jouit d’un climat tempéré que caractérise une chaleur douce et humide ; on y trouve des hôtels assez confortables et les silos sont ravissans. Pendant la belle saison, le lac Majeur et le lac de Côme sont le rendez-vous des habitans du Milanais qui peuvent quitter leurs villes. Ceux de Varese et de Lugano sont plus petits et moins fréquentés ; celui de Garde n’est pas assez abrité pour qu’on en recherche les abords.

Il y a sans doute en Italie beaucoup d’autres points vers lesquels le courant de l’émigration pourrait se porter avec avantage ; et nous citerions sur le littoral de l’Adriatique ou sur les deux versans de l’Apennin, nombre de localités qui pourraient devenir des centres de villégiature ; mais elles ne sont pas connues ; elles sont dénuées de ressources ; et les voyageurs ne pourraient pas y trouver les élémens de bien-être qui sont indispensables à des valétudinaires.

Les mêmes raisons leur interdisent le séjour de l’Espagne. L’absence de tout confortable y est absolue ; et c’est chose fâcheuse, car le littoral de ses provinces méditerranéennes pourrait offrir des ressources. La Huerta de Valence est un séjour délicieux. C’est une forêt d’orangers et de citronniers, un milieu desquels se dresse la vieille ville espagnole, avec ses maisons arabes, ses monumens religieux et ses remparts en mines, à travers lesquels ont passé, à 700 ans de distance, le Cid Campéador et le maréchal Suchet.

Un voyage en Espagne est de nos jours le complément obligatoire d’une éducation bien dirigée ; mais ce n’est pas là qu’il convient d’aller chercher le repos et encore moins la santé. On la trouverait peut-être aux Baléares. Je crois avoir été le premier à signaler la douceur exceptionnelle du climat de Majorque, où j’ai séjourné pendant un temps assez long pour avoir pu l’apprécier. La ville de Palma est située au fond d’une baie ouverte au sud ; les montagnes du centre l’abritent contre les vents du nord, l’atmosphère y est limpide, la végétation luxuriante ; mais les communications sont difficiles et les ressources du pays presque nulles. Il est évident que ces îles de la Méditerranée, pour lesquelles la nature a tout fait, deviendront un jour des centres de villégiature très recherchés. Elles sont tout près de la côte : il suffirait d’un service régulier de bateaux à vapeur, de quelques hôtels bien tenus, pour y attirer les voyageurs, et le climat se chargerait de les retenir.

Les Français qui ne redoutent pas un long voyage et qui n’ont pas peur de la mer se rendent volontiers en Algérie pendant