Page:Revue des Deux Mondes - 1898 - tome 146.djvu/134

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JEAN.

Vous l’avez trouvé ?

MANASSÉ.

Il y avait beaucoup de peuple autour de lui, qui reposait sous les oliviers ou louait le Seigneur à cause des miracles qui surviennent à toute heure. Et il y avait de l’éclat dans tous les yeux, de l’harmonie dans toutes les bouches.

JEAN.

Et lui, comment était-il ? Son air ? ses manières ?

MANASSÉ.

Maître, je ne le sais pas.

JEAN.

Vous l’avez vu, pourtant ?

AMARIA.

Habbi, demandes-tu jamais : quel est l’air du soleil ? quelles sont les manières de la lumière ?… Quand nous avons vu son sourire, nous nous sommes prosternés devant lui, et la paix s’est faite dans nos âmes.

JEAN.

Et lorsque vous l’avez interrogé et qu’il a parlé, quelles ont été ses paroles ?

AMARIA.

Ses paroles étaient douces comme celles d’un frère.

MANASSÉ.

Douces comme… le vent qui vient de la mer, vers le soir.

AMARIA.

Et il a parlé ainsi : Allez, et rapportez à Jean ce que vous avez vu et entendu. Les aveugles voient, les paralytiques marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et l’Évangile est annoncé aux pauvres.

JEAN.

Il a dit : aux pauvres ‘ ?

MANASSÉ.

Et comme il se préparait à venir dans cette ville avec la foule qui l’entoure, nous sommes venus avec lui jusqu’à la porte, et nous avons pris les devans pour t’obéir.

JEAN.

Et ne vous a-t-il rien dit de plus ?