Page:Revue des Deux Mondes - 1898 - tome 146.djvu/133

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SALOMÉ.

Voici le billot. Il attend ta tête…

(Une pause, pendant laquelle survient le geôlier.)
HÉRODE.

Qu’est-ce qui t’amène ici ?

LE GEÔLIER.

Seigneur, pardonne ! Si je ne savais que tu t’intéresses à cet homme…

HÉRODE.

Qu’y a-t-il donc ?

LE GEÔLIER.

Deux des amis qui étaient hier chez lui, — tu les as vus devant la porte, — sont revenus, et comme ils ont appris qu’il allait revenir, — tes serviteurs me l’avaient appris et j’ai fait tout préparer, — ils sont devenus comme des possédés, et m’ont supplié de les conduire à lui, où qu’il fût.

HÉRODE.

Que penses-tu de cela, noble Légat ?

VITELLIUS.

Mon cher, ceci est le plus amusant spectacle qu’on m’ait jamais offert à table. Fais-les venir, fais-les venir.

(Sur un signe d’Hérode, le geôlier va jusqu’à la porte du fond, et revient avec Manassé et Amaria.)
JEAN.

Qu’avez-vous à me dire ?

MANASSÉ.

Maître…

HÉRODE.

Plus haut, plus haut, mes amis ! Si vous ne voulez pas parler pour nous, je vous fais jeter à la porte.

MANASSÉ.

Faut-il, maître ?…

JEAN.

Parlez, car il me semble que nous sommes tout seuls.

MANASSÉ.

Nous avons pris, maître, la route de Bethséda, et, comme le jour se levait, nous l’avons trouvé.