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D’un autre côté, le Congrès a recommandé la création, en Amérique, de comités chargés de protéger l’immigrant espagnol, de lui servir de guides et de soutiens. Quant aux conventions que le gouvernement espagnol a été invité à conclure avec les gouvernemens hispano-américains, elles auraient pour but de faciliter aux Espagnols vivant en Amérique la conservation de leur nationalité.

Comme on le voit, l’adoption de ces propositions serait plus profitable à l’Espagne qu’à l’Amérique latine, puisque l’émigration sud-américaine vers l’Espagne ; est peu considérable. Aussi faut-il conclure, du fait que les délégués des Républiques hispano-américaines se sont associés à ceux de l’Espagne pour formuler ces vœux, que l’Amérique latine ne prend pas plus ombrage de l’émigration espagnole que cela n’est le cas, aux Etats-Unis, à l’égard des élémens anglo-saxons pouvant venir d’Angleterre ou d’ailleurs. Effectivement, si l’on a déjà entendu quelquefois formuler des plaintes contre l’émigration allemande dans l’Amérique du Sud, les mêmes griefs ne se sont jamais fait sérieusement entendre à l’adresse de l’émigration espagnole.

Sciences. — Le Congrès a exprimé le vœu de voir se créer dans l’Amérique latine, c’est-à-dire dans les centres assez importais pour que le besoin s’en fasse sentir, des Académies ou autres institutions en vue de l’étude des sciences mathématiques, physiques et naturelles. En outre, il a recommandé une union plus étroite entre les Académies espagnoles et sud-américaines, au moyen d’une correspondance qui s’établirait entre elles et de l’échange de toutes leurs publications.

Lettres et Arts. — Les orateurs, tant espagnols qu’américains, qui ont pris la parole au Congrès de Madrid, ont insisté sur ce point que le principal agent de rapprochement entre l’Espagne et ses anciennes colonies consiste dans la langue qui leur est commune. Il était donc naturel que la question de la langue fût traitée par les congressistes. Elle l’a été, en effet, et d’une manière qui n’intéresse pas seulement les pays de langue espagnole. L’Espagne n’est pas le seul pays dont la langue ait été transportée au-delà des mers, où elle est parlée par des multitudes d’hommes : l’Angleterre est plus encore dans ce cas, sa langue étant celle de presque toute l’Amérique du Nord et de ses vastes colonies des autres parties du monde ; la France aussi se trouve dans les mêmes conditions, quoique à un degré moindre, sa