Page:Revue des Deux Mondes - 1902 - tome 11.djvu/515

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


La Sahara, le Soudan central et les chemins de fer transsahariens d’après les explorations récentes


I. LA NATURE ET L’AVENIR DU SAHARA

Les nations européennes n’ont eu longtemps, en Afrique, des établissemens que sur les rives de la mer. Leur action s’arrêtait, en général, à 300 ou 400 kilomètres de la côte ; très exceptionnellement, elle s’étendait à 700 ou 800 kilomètres. Nous-mêmes en Algérie ne faisions pas exception à cette règle.

Depuis un quart de siècle, l’ambition est venue à l’Europe de pénétrer complètement ce continent et de le soumettre entièrement à son influence. C’est dans l’Afrique australe et l’Afrique équatoriale que, en dehors des simples voyages d’explorateurs, cette œuvre de pénétration politique et économique s’est d’abord ébauchée ou accomplie. Les Boers, fuyant la domination des Anglais, ont remonté loin dans l’intérieur ; les Anglais, attirés par les mines de diamant et d’or, les y ont rapidement suivis et ont poussé, en partant du Cap, jusqu’au Tanganyka, installant, tout récemment, aux environs de ce grand lac des exploitations de mines de cuivre. C’était de plus de 20 degrés qu’ils remontaient ainsi vers le nord par une marche ininterrompue.