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La maîtrise de la mer – Les théories du capitaine Mahan


Lorsque les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Angleterre en 1812, ils n’avaient qu’une douzaine de frégates, dont quelques-unes seulement de construction récente, à opposer aux deux cent cinquante vaisseaux de ligne ou frégates de leur ancienne mère patrie. Malgré cette écrasante supériorité de l’adversaire, les Américains obtinrent quelques succès brillans, dont ils tirèrent un légitime orgueil, et qui eurent une influence au moins morale sur l’issue de la lutte. Il y a peu de guerres, cependant, où l’effet naturel de la possession, par une nation, de la suprématie maritime, ou maîtrise de la mer (Sea Power) ait été mis en relief d’une manière aussi frappante. A la fin de la guerre, en 1815, le commerce maritime des Etats-Unis était presque entièrement détruit.

Les Américains, pendant les trente-cinq années qui suivirent, ne songèrent pas à devenir une puissance maritime. Ils avaient à faire la conquête et le peuplement de leur immense territoire, et la question de l’esclavage absorbait toute leur activité intellectuelle et morale. On sait au contraire quel génie inventif, appliqué aux choses de la marine, ils déployèrent dans la guerre de la sécession. Le capitaine Mahan, dont les théories sur le Sea Power ont conquis, ces dernières années, dans le monde