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L’Allemagne catholique entre 1800 et 1848


I. LA RÉORGANISATION DE L’ÉGLISE


Rome comptait pour peu de chose, dans l’Allemagne du XVIIIe siècle. Le rêve de tous les souverains, même catholiques, était de se rendre papes en leurs terres. Quiconque portait un sceptre se plaisait à le recourber en crosse : du droit de déterminer la confession religieuse des sujets au droit de gérer en ses moindres détails le fonctionnement de cette confession, il n’y avait en réalité qu’un pas ; or la paix d’Augsbourg avait attribué aux princes la première de ces prérogatives, et d’eux-mêmes ils s’arrogeaient la seconde. Raillant les ukases ecclésiastiques de son voisin Joseph II et la manie qu’il avait de légiférer sur la liturgie, Frédéric II, roi de Prusse, le traitait de sacristain : cela voulait être une épigramme, mais, en fait, il fallait être un peu sacristain et ne point redouter les minuties de ce pieux office, pour remplir à la satisfaction des légistes le métier de prince ou de roi. Une théorie existait, — fournie de longue date par les juristes, et récemment étayée par les dissertations à la mode sur le « contrat social, » — d’après laquelle l’établissement religieux était chose d’Etat : le droit romain, depuis longtemps,