Page:Revue des Deux Mondes - 1904 - tome 20.djvu/116

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


L’évolution actuelle de la tactique


DEUXIÈME PARTIE [1]


III

La guerre contre un ennemi invisible. Telle est dès maintenant la caractéristique essentielle des luttes futures. Les Anglais viennent d’en faire la première expérience. Le tir du fusil de guerre ne se voit pas. La balle, lorsqu’elle passe près, claque en coup de fouet au lieu de siffler, et donne l’impression d’une direction de l’ennemi tout autre que la vraie. Au-delà de quelque cent mètres, la détonation ne s’entend plus, surtout par vent contraire. Il en résulte que la cavalerie envoyée en reconnaissance se trouve arrêtée dès qu’elle entre en contact avec l’ennemi, sans qu’elle puisse apercevoir quoi que ce soit. Le nombre des coups de feu ne la renseigne même pas, car quelques hommes, bion pourvus de cartouches, peuvent produire l’illusion du nombre, par la rapidité de leur tir. D’autre part, le soldat à pied, embusqué, se sachant invisible, a conscience de sa sécurité vis-à-vis de l’homme à cheval. Il garde son sang-froid et vise. Entre les deux adversaires, la partie n’est pas égale. Le cavalier

  1. Voyez la Revue du 15 février.