Page:Revue des Deux Mondes - 1904 - tome 20.djvu/89

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acceptées sans qu’il fût possible d’en discerner la valeur. Il fallait donc tout d’abord publier un texte soigneusement révisé de ces écrits et l’accompagner de commentaires destinés à compléter et à rectifier au besoin les faits énoncés, en tenant compte des découvertes récentes faites par la critique dans les archives ou dans les musées. C’est à cette tâche modeste et un peu ingrate que se sont appliqués plusieurs érudits qui ont droit à la gratitude de ceux qui s’occupent sérieusement de ces questions. Les éditions successives et de plus en plus améliorées de Vasari, la belle et savante publication du Livre des Peintres de Van Mander par M. Henri Hymans, la consciencieuse étude de M. G. Hofsteede de Groot sur Houbraken, celle de M. Sponsel sur Sandrart, ont fait de ces différens ouvrages des instrumens de travail auxquels on peut se fier et qui sont désormais indispensables, à cause de l’abondance et de la sûreté des documens qu’ils renferment.

En même temps, des recueils périodiques étaient fondés pour publier dans leur primeur tous les faits nouveaux découverts sur les écoles ou les maîtres locaux. Telle est la série des volumes consacrés à nos peintres provinciaux par MM. A. de Montaiglon et de Chennevières ; en Hollande, la Revue Oud-Holland, créée par MM. de Roever et A. Bredius et vaillamment continuée jusqu’à nos jours par ce dernier ; à Anvers, le Bulletin Rubens et cette admirable Correspondance de Rubens publiée par M. Ruelens et dirigée depuis sa mort par M. Max Rooses, que ses études sur le maître et la création du musée Plantin Moretus désignaient naturellement pour cette délicate mission. En Allemagne, il convient de noter le Jahrbuch, œuvre collective, organe officiel de la direction des musées de Berlin, et la publication similaire faite par le gouvernement autrichien, avec le concours des conservateurs et attachés aux musées impériaux de Vienne, dans lesquels ont paru des séries d’études sur les œuvres appartenant à ces collections ou récemment acquises par elles, et sur les maîtres qui les ont produites [1].

Grâce au secours de ces nombreux documens relatifs aux artistes, et grâce aussi à la connaissance plus approfondie de leur vie et de leurs œuvres, il est devenu possible de réformer les catalogues des musées, qui restèrent pendant trop longtemps dénués de toute valeur. C’est en France que ce mouvement de

  1. Nous n’avons pas en France l’équivalent de ces publications, et les rares tentatives faites à cet égard ont toujours avorte.