Page:Revue des Deux Mondes - 1904 - tome 20.djvu/90

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rénovation a pris naissance, et c’est à l’initiative et aux travaux de M. F. Villot que sont dus les premiers catalogues vraiment méthodiques (publiés en 1852), dans lesquels se trouvaient condensés les résultats les plus récens des recherches entreprises par les érudits. Une histoire sommaire des collections précédait la suite, par ordre alphabétique, des notices assez étendues consacrées aux artistes classés par écoles, avec une description précise de ceux de leurs ouvrages exposés dans les galeries du Louvre, et l’indication de leur date, de leur provenance et des conditions dans lesquelles ils ont été exécutés.

L’exemple donné par Villot fut bientôt imité dans presque tous les musées de l’Europe. Aujourd’hui, la plupart possèdent des catalogues excellens où tous les renseignemens utiles se trouvent consignés et qui devraient maintenant nous servir de modèles, car, après avoir devancé les autres dans cette voie, on s’est borné chez nous, depuis lors, à réimprimer les catalogues rédigés par Villot, sans tenir aucun compte des progrès réalisés chez les autres nations. La tâche pourtant nous serait facile, car, en respectant le plan des types primitifs créés par nous, il n’y aurait qu’à y introduire les découvertes de toute sorte faites par la critique durant ce long intervalle.

On est aujourd’hui d’accord pour restreindre, dans les catalogues courans, la place faite aux notices biographiques des artistes, le lecteur désireux d’être plus amplement informé pouvant recourir aux histoires générales ou aux monographies qui le renseigneront suffisamment à cet égard. Mais, du moins, les noms et prénoms de ces artistes, les dates et les lieux de leur naissance et de leur mort, la désignation de leurs maîtres, celle des villes où ils ont vécu et la durée des séjours qu’ils y ont faits, sont mentionnés aussi exactement que possible. Pour les œuvres qui figurent dans ces catalogues, tous les détails qui les concernent doivent aussi être donnés avec le plus grand soin : reproduction en fac-similé des signatures et des inscriptions que peut porter chacune d’elles, description précise du sujet, provenance, restaurations subies, dimensions de cette œuvre, matière sur laquelle elle est peinte et procédé d’exécution Rien de ce qui peut constituer l’état civil d’un tableau n’est indifférent pour la critique. Qu’on nous permette quelques observations à cet égard. Ce n’est pas seulement pour satisfaire une vaine curiosité que, dans les catalogues méthodiquement faits, on s’attache à donner