Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 25.djvu/150

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impossibles, vu l’entourage de la princesse, composé de personnes toutes dévouées à l’Empereur et en qui, néanmoins, elle avait toute confiance, tourneraient contre ceux qui s’en seraient chargés et « gâteraient infailliblement les affaires. »

« Il faudrait des lettres fréquentes et des lettres de toutes les personnes de la famille royale. Monsieur, qui se trouve plus en retard que tout autre, devrait écrire, écrire avec amitié et écrire souvent. Il devrait envoyer son portrait ; le Roi, le Duc d’Angoulême, les autres princes et princesses devraient en faire autant. Sans entrer dans aucune affaire politique, on devrait aussi parler à Madame avec détail de sa famille, de sa situation, de ses déplacemens, en un mot la tenir au courant de tout et lui prouver en toute occasion qu’on l’associe au présent et à l’avenir.

« Il est de petits détails sur la vie intérieure de Mgr le Duc d’Angoulême qui transmis à propos et avec adresse ne pourraient manquer de produire un bon effet. Par exemple, Monseigneur a de la religion et en remplit les devoirs. J’ai su qu’à son départ d’Edimbourg et de lui-même, il avait demandé à faire ses dévotions et les avait faites. Madame Thérèse, qui est extrêmement pieuse, aurait appris ce fait avec un extrême plaisir et M. l’Evêque de Nancy a eu beaucoup de regret de l’avoir ignoré. Vous connaissez, Monsieur le comte, ce que peut auprès des femmes en général — et pourquoi pas auprès des princesses ? — l’art de faire valoir les hommes que l’on cherche à leur faire aimer ; il faut que tous vos ressorts soient tendus pour faire valoir en toute occasion et surtout sous les rapports qui sont plus du ressort et du genre de cette princesse.

«… Courageuse, pieuse et éprouvée comme elle l’est, Madame Thérèse qui a langui deux ans et demi dans une affreuse prison, Madame Thérèse qui a épuisé toute la coupe des malheurs presque avant d’avoir bu dans celle de la vie, ne sera jamais arrêtée par des considérations secondaires, telles que les inconvéniens d’un sort malheureusement trop au-dessous de celui auquel elle est en droit de prétendre. Mais, si le spectacle d’une malaisance honorable ou la crainte d’avoir des enfans qui ne jouiraient pas d’un rang digne de leur naissance pouvaient jamais balancer en elle le sentiment de son devoir et ébranler sa résolution, ce serait une raison de plus pour essayer d’intéresser d’avance son cœur en faveur du parti qu’on attend d’elle. »