Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 37.djvu/24

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Avec quelle abondance et quel courage elle se donna, les lecteurs de la Revue le savent. Direction, articles, préface de son livre testamentaire, les Questions actuelles, il mena de front ces travaux jusqu’aux tout derniers jours. Quand la force lui manqua pour écrire, et enfin pour lire, il comprit que l’heure était venue, que c’était fini de combattre, fini d’apprendre, fini d’enseigner, et qu’il allait se faire instruire par l’initiatrice de tout ce qu’ignorent les plus savans. Infiniment las, bien sûr de son droit au repos après la tâche virilement accomplie, il dit : « Je vais m’endormir longuement… » Ce furent ses dernières paroles.

… Et je vais porter ces pages dans sa maison : les premières qu’il n’aura pas vues, depuis le jour lointain où mon premier article passa sous ses yeux. Je ne ressortirai pas éclairé par ses avis judicieux, conforté par son approbation. A quoi bon écrire puisqu’il ne lira pas ? — A lui payer ma dette, à suivre son exemple. Sa fin vaillante dans le travail laisse un magnifique exemple à tous ceux de sa profession. Nous tâcherons, de le suivre, mon ami, partout où votre cher et pur souvenir dictera leur devoir aux vieux compagnons que vous abandonnez.


EUGENE-MELCHIOR DE VOGUE.