Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 37.djvu/324

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L’Empereur a fui. Les Tartares sont en nombre bien supérieur au nôtre. Qu’importe, nous nous précipitons pour les réduire à zéro… Ils ont disparu… Nous nous reprécipitons à leur poursuite, mais vainement — point d’ennemis. — Dans cette course, la colonne arrive en face du Palais d’Été de l’Empereur (Yuen-Min-Yuen).

Quand je dis nous, c’est par confraternité, pure alliance de sentimens, car je parle des terrestres seulement. Les marins rentrent sur leurs bateaux, où ils apprennent, que ce ou ces palais de l’Empereur ont été envahis les 7 et 8 octobre. Les troupes du général Cousin-Montauban y campent !… — Pas de commentaires, s’il vous plaît.

Que de trésors jetés au vent… Que de perles, de laques, de jades, des merveilles d’art, d’antiquité, que de richesses entassées depuis des siècles, dans ces palais, résidence préférée des souverains.

On affirme que l’ordre de destruction fut donné par lord Elgin.

Rien n’était lamentable et curieux comme ce pillage. J’ai vu des soldats anglais payer deux ou trois piastres des bijoux d’une valeur inestimable.

Avec nos économies, pauvres midships, nous leur avons acheté quelques objets et j’emporte, pour mes dames les plus chères, un petit cloisonné ancien, portant le chiffre impérial. Elles y mettront des violettes en se disant que je lui payé de mes deniers, car nos mains, — à nous, marins, — sont nettes. C’est pourquoi je me permets de vous tendre les miennes.

Cependant nous ne sommes pas venus en Chine pour voir saccager des palais, mais pour sentir l’odeur de la poudre.

Les réclamations réitérées pour la remise de nos prisonniers, l’approche des forces en vue de la capitale, la menace de raser la demeure impériale de Pékin hâtèrent les conclusions de la paix. MM. d’Escayrac-Lauture, Parker et quelques soldats furent rendus aux alliés, mais les autres ?… et ceux que je viens de nommer donnèrent à comprendre les cruautés odieuses, les mutilations, les injures… Je vous le répète, de tels faits crient vengeance.

Après une négociation honorable chez les alliés, tortueuse de la part de l’ennemi, des traités d’amitié, de commerce et de navigation furent enfin ratifiés. Notre ambassadeur, le baron