Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 37.djvu/415

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Des décrépitudes fatales…
Dans les jardins des capitales,
Tels ces roulemens de tambour,
Avisant la foule attardée
Que la grille déjà gardée
Va se clore au tomber du jour…

Mais qu’importe !… J’ai ta tendresse,
Et je retrouve ma jeunesse
Dans tes yeux, comme en un miroir.
O mon amie, et la meilleure,
Savourons le charme de l’heure,
Ecoutons les chansons du soir…

Oui, peu me chaut que je vieillisse,
Si cet inespéré délice
M’est conservé jusqu’à la fin ;
Si, durant la suprême étape,
Avec toi j’épuise la grappe
Du bonheur goûté grain à grain.

Ta main blanche, fidèle et forte
Me conduira jusqu’à la porte
Qui s’ouvre sur l’inconnu noir,
Et j’aurai la douceur d’entendre,
Avec l’adieu de ta voix tendre,
La dernière chanson du soir.


ANDRE THEURIET.