Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 37.djvu/476

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compter a été supprimé, et l’Église de France est mise dès aujourd’hui en demeure de pourvoir aux conditions matérielles de son existence. La tâche qui lui incombe est rendue plus lourde par le fait que les biens dits ecclésiastiques, qui devaient être remis aux associations cultuelles, l’ont été aux communes, et que celles-ci sont rentrées en possession des presbytères et des autres immeubles qui pouvaient leur appartenir. La fermeture des grands et des petits séminaires oblige l’Église à créer de nouveaux établissemens d’enseignement supérieur et secondaire libres. Enfin il faut assurer la subsistance du clergé au moyen d’institutions dont le type n’est pas encore arrêté. On doit même prévoir comme possible la suppression des allocations qui avaient été maintenues, pendant quelques années encore, aux prêtres en exercice. Pour tous ces motifs, l’œuvre qui s’impose est immense. Mais elle est nécessaire, et l’épiscopat devra déployer, pour la remplir, plus d’initiative et d’énergie qu’il n’en a montré jusqu’ici. On a dit, et il y a dans cette observation une part de vérité, que le Concordat ayant assuré à nos prêtres un traitement fixe et sûr, les avait un peu trop déshabitués des préoccupations avec lesquelles ils se trouvent aux prises maintenant. A une situation nouvelle, il faut des cœurs nouveaux. La manne ne tombant plus toute seule, il faut y suppléer par un effort auquel clergé et fidèles doivent participer.

C’est là sans doute la première question que nos évêques devront agiter et résoudre ; et le Pape leur ayant interdit l’emploi d’un certain nombre de moyens, ils seront obligés de recourir à d’autres. Il ne nous appartient, en aucune manière, d’émettre une opinion personnelle sur ceux qu’ils auront à choisir. Nous nous contenterons de dire que certains symptômes venus de Rome donnent à croire qu’au Vatican même on ne serait pas fâché de voir l’épiscopat français prendre des initiatives plus larges et assumer des responsabilités plus directes qu’il ne l’a fait dans le passé. Les facilités de la vie concordataire ont créé des habitudes qui survivent malheureusement au Concordat, par exemple celle d’attendre des autres ce qu’on ne doit désormais demander qu’à soi-même. N’a-t-on pas trop attendu du Pape ? Ne lui a-t-on pas demandé plus qu’il ne peut donner ? Nous ne rechercherons pas si Rome même n’a pas encouragé cet état d’esprit avec quelque imprudence : il semble, aujourd’hui, qu’on commence à en reconnaître l’excès et à en apercevoir le danger. Que n’a-t-on pas dit en France sur l’aide et l’assistance qu’on ne manquerait pas de recevoir de Rome, non seulement dans le domaine spirituel, mais encore