Page:Revue des Deux Mondes - 1908 - tome 47.djvu/851

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avec moi, Lajolais dit une demi-heure. Concheri parle ensuite, par ouï-dire, de la déposition de Lajolais. Il ajoute qu’il croit que je n’ai aucune part à la conspiration.

« J’ai répondu comme à la déposition précédente.

« Rolland dépose que Lajolais ne pouvant plus venir chez moi, lui y est venu d’abord pour me proposer de loger Pichegru, que j’avais répondu que je le logerais bien, mais que je craignais qu’il ne fût découvert.

« J’ai répondu que je n’avais jamais voulu loger Pichegru.

« Il ajoute qu’il est revenu me demander un rendez-vous et que j’ai répondu que j’y enverrais mon secrétaire et qu’en effet, mon secrétaire était allé chez lui, le soir, et qu’ils étaient venus à la maison.

« J’ai répondu que j’avais refusé le rendez-vous ; mais que, Rolland ayant dit que Pichegru avait quelque chose à me communiquer, j’avais envoyé mon secrétaire pour savoir ce qu’il voulait. Si j’avais voulu voir Pichegru, je n’avais qu’à répondre affirmativement à Rolland. Le soir, Pichegru s’est présenté seul. J’ignore si mon secrétaire l’avait accompagné. Rolland dépose encore que Pichegru, en rentrant, avait été mécontent de moi et avait dit que j’étais un ambitieux. Ceci est confirmé par Lajolais et Concheri.

« Rolland ajoute qu’il est venu le lendemain chez moi et m’a demandé si je persistais dans ce que j’avais dit à Pichegru ; que je lui ai répondu que les princes français s’étaient mal conduits, mais que si Pichegru voulait agir, je ferais tout pour le seconder, que j’avais un parti dans le Sénat, mais qu’il fallait que les Consuls et le gouvernement de Paris disparaissent.

« J’ai observé là-dessus qu’à la vérité, Rolland était venu me reparler des princes français et que j’avais répondu comme je l’ai écrit au Premier Consul ; qu’ensuite, il m’avait demandé si moi-même je n’avais pas de projet et que je lui avais dit que ce serait la plus haute folie ; que je vivais retiré, n’ayant que peu d’amis, pas un militaire, ni membre des autorités constituées, et que pour avoir des prétentions, il faudrait donc qu’il n’existât ni garde, ni consul, ni Sénat, ni enfin rien de ce qui constitue le gouvernement. J’observai au surplus que ceci était une conversation et je dis à cet homme tout ce qu’on peut raisonnablement dire pour lui faire sentir le ridicule de ses projets.

« Rolland a ajouté que, m’ayant demandé si je croyais à