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Notre réponse au soufflet de Bismarck – Déclaration du 15 juillet


I

Le vendredi 15 juillet, à neuf heures du matin, le Conseil se réunit à Saint-Cloud. L’Impératrice y assistait ; tous les ministres étaient présens, libres de leur volonté et de leur vote, aucun acte irrévocable public n’ayant été accompli. Même ceux d’entre eux qui, dans la conversation de la veille au soir, avaient cru la guerre inévitable, pouvaient, après la réflexion de la nuit, exprimer un autre sentiment et, repoussant la Déclaration que nous apportions, revenir soit à l’appel à l’Europe, soit à toute autre solution.

Gramont donna lecture du projet que nous avions rédigé ensemble. J’avais veillé à ce que le motif de notre détermination fût indiqué de manière que personne ne pût se méprendre et qu’il fût constant que, à ce dernier moment comme au premier, nous nous étions obstinément refusés à étendre la discussion au-delà de la candidature Hohenzollern ; que nous n’invoquions ni le traité de Prague violé, ni le manque de parole du Luxembourg, ni la constante mauvaise foi, ni l’incessante provocation, ni l’impatience d’en finir et de sortir d’une tension énervante et ruineuse, ni la nécessité d’effacer Sadowa et que, même dans l’affaire Hohenzollern, tout ne nous était pas également à grief ; que nous n’invoquions comme raison décisive ni le refus de nous garantir l’avenir par une simple parole, ni le