Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/205

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méritant protection. Les reliquats éventuels seraient versés dans une caisse spéciale, et constitueraient une réserve destinée aux années marquées par des circonstances qui obligeraient à dépasser la dépense moyenne.

On pourrait se borner à cette dépense de 2 millions et économiser par conséquent 1 500 000 francs. Mais je vois une façon d’employer utilement cette dernière somme. Je l’indique.

Huit cent mille francs, joints à des primes légères qu’on demanderait aux intéressés, pourraient servir à fonder et à alimenter une caisse d’État destinée à indemniser intégralement les particuliers victimes d’inondations, ce qui ne serait qu’un acte de solidarité nationale d’une justice absolue, ces catastrophes n’étant pas susceptibles d’être réparées par des Sociétés d’assurance, à cause des aléas qu’incontestablement elles comportent. Cependant la capitalisation de cette somme et des versemens des riverains, si l’on avait la chance d’échapper pendant une dizaine d’années à de gros désastres, deviendrait à bref délai suffisante pour faire face à toutes les éventualités.

Les sept cent mille francs finalement disponibles devraient être mis à la disposition des combinaisons à l’étude depuis vingt ans en vue d’améliorer la situation des gardes forestiers, réforme étroitement liée aux objets de cette étude, la réussite des boisemens, les progrès de la sylviculture et l’extension des améliorations pastorales réclamant l’organisation d’un corps de conducteurs de travaux plus encouragés.


IX

Quelques techniciens ont cru bien servir la cause du boisement des montagnes en amplifiant outre mesure les phénomènes torrentiels. Ils ont traité avec le même pessimisme toutes les questions forestières et pastorales. Des écrivains de bonne volonté, mais peu préparés, les ont écoutés et ont propagé en surenchérissant, fama crescit eundo, les mêmes craintes chimériques. Ainsi est née et s’est développée une extraordinaire agitation, compromettante pour bien des intérêts. Comment ramener le public à la notion exacte des faits ?

On se trouve en présence d’une énorme erreur de géographie contemporaine. C’est par une mission de reconnaissance et d’étude qui serait confiée à un certain nombre de personnages qualifiés,