Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/444

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la Californie ; bien leur en prit, car l’année suivante (1848), des mines d’or y étaient découvertes ; cette province évoluera désormais dans l’orbite de la grande république du Nord ; sa dépendance est consacrée par l’ouverture, en mai 1869, du premier chemin de fer transcontinental. Quant à la République du Mexique, qui s’est si vaillamment développée et organisée depuis lors, elle reste un peu à l’écart des autres Etats latins de l’Amérique et, sans rien abdiquer de son indépendance, a resserré ses relations économiques et politiques avec ses voisins anglo-saxons.

La guerre de Sécession (1861-1865) se termine par la victoire des Fédéraux anti-esclavagistes, mais on ne peut dire que’lle ait résolu la « question de couleur » aux Etats-Unis et dans le monde des Antilles ; il semble seulement qu’elle ait consolidé la prépondérance politique des élémens blancs, qui sont la force de l’Union, non seulement sur les Etats méridionaux, peuplés en majorité de nègres, mais aussi sur les Antilles et sur les rivages méridionaux de la Méditerranée américaine. L’Espagne, qui avait gardé, jusqu’à l’extrême fin du XIXe siècle, des colonies antillaises, a été contrainte de s’en retirer ; la grande île d’Haïti, divisée en deux républiques noires, ne connaîtra sans doute de paix qu’au prix d’une alliance déférente avec les États-Unis ; ceux-ci ont provoqué la séparation d’une province colombienne, devenue la République de Panama (1903), pour s’arroger un contrôle souverain sur le canal isthmique dont ils poursuivent les travaux. L’Angleterre, la France, la Hollande possèdent encore des colonies dans la mer des Antilles, mais ce sont de relativement petits territoires, et sur lesquels il est improbable que grandissent jamais des races capables de poursuivre des destinées indépendantes de l’Union du Nord.

Il en est tout autrement des Latins de l’Amérique méridionale, parmi lesquels des nations grandissent sous nos yeux. Toutes s’étudient elles-mêmes, se définissent et se différencient, tout en progressant vers une plus intime solidarité. Une consultation rapide de la série des cartes politiques de l’Amérique du Sud montre comment, petit à petit, les « territoires contestés » disparaissent, les limites se font plus précises, comment la science géographique, marchant de pair avec l’extension d’administrations régulières, s’empare des derniers recoins de l’intérieur sud-américain. Et c’est là une révélation pour l’Europe, voire