Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/586

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de Chine à Tokyo, signalant la mauvaise conduite d’un grand nombre d’entre eux, venus pour s’amuser aux frais du gouvernement, il a été réduit à 4 000. Environ 20 000 jeunes Chinois sont actuellement dispersés dans toutes les nations occidentales, le plus grand nombre aux Etats-Unis. Depuis longtemps, le gouvernement de Washington avait compris que le pays qui aurait en Chine le plus d’influence serait celui qui aurait mis la main sur son éducation. En 1890, l’église épiscopale de New-York avait fondé à Tien-tsin un collège, qui se transforma bientôt en Université. Elle fut longtemps dirigée par une personnalité puissante, le docteur Tenney. Les résultats obtenus amenèrent le vice-roi Yuen-che-Kaï, à s’adresser à lui pour fixer les programmes scolaires et les conditions d’examen de l’instruction officielle. Le Conseil impérial d’éducation les a adoptés. L’enseignement américain est en faveur ; aussi en 1906 le docteur Tenney demandait au gouvernement d’accorder à toutes les grandes écoles la faculté de faire concourir leurs élèves aux examens publics, tels que la collation des grades, emplois civils et autres privilèges conférés aux gradués et étudians des écoles de l’État. Il sollicitait aussi la faveur d’envoyer les lauréats à Pékin pour terminer leurs études. « Ainsi, ajoutait-il, un corps de professeurs serait créé sur place, ce qui vaudrait mieux que d’envoyer des étudians à l’étranger. » La France, l’Angleterre et l’Allemagne ont également des grandes écoles décorées du nom d’Universités, celle de l’Allemagne, à Kiau-Chau, a obtenu de délivrer des diplômes ouvrant pour les emplois les mêmes droits que ceux du gouvernement.

L’Ecole de médecine anglaise, le collège de l’Union médicale, l’Université française « l’Aurore, » dirigée par les Jésuites à Shang-haï (l’enseignement y est donné en français) peuvent ainsi former un certain nombre de professeurs. Il faut ajouter 21 écoles, subventionnées par des institutions de bienfaisance anglaises ou américaines, dispersées dans les différentes provinces de l’Empire. Elles aident aussi à former des professeurs, mais le nombre en est faible en regard des besoins. La Chine compte sur les jeunes gens envoyés à l’étranger. Elle y compte à tort. Les Chinois, revenus des Universités ou collèges de l’Occident, parlent bien la langue des pays où ils ont étudié, mais ils sont incapables d’enseigner à leurs compatriotes ce qu’ils ont appris. Ceci est pour eux d’autant plus impossible que la langue