Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/726

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


En même temps que M. le marquis del Muni nous quitte, notre ambassadeur à Madrid, M. Révoil, prend prématurément sa retraite. Des intérêts privés l’y ont déterminé. Les regrets sincères que nous en éprouvons seraient encore plus vifs si M. le ministre des Affaires étrangères ne lui avait pas donné pour successeur M. Geoffray. Mais ce n’est pas à nous à faire l’éloge de nos diplomates.

Nous ne voulons pas terminer cette chronique sans dire avec quelle satisfaction la France entière a applaudi au voyage que le roi et la reine des Belges viennent de faire à Paris. Elle considérait le roi Léopold comme un ami ; elle aura désormais le même sentiment à l’égard du roi Albert. Le langage qu’il a tenu, à l’Elysée, en réponse au toast que venait de lui porter M. le président de la République, était fait pour lui concilier les cœurs : on y sentait, en effet, une admiration vraie pour la grande part que la France a prise en tout temps à l’œuvre de la civilisation, et pour ce que cette part a eu et a toujours de brillant, d’heureux et de fécond. Il y a trop de rapports d’esprit entre les deux pays, trop de souvenirs communs, trop de services réciproquement rendus pour qu’ils ne restent pas attachés l’un à l’autre par des liens très forts. La France est voisine de la Belgique, non seulement en Europe, mais encore en Afrique. Le roi Albert, qui a visité le Congo l’année dernière, a rendu justice à nos efforts, comme nous rendons pleine justice à ceux des Belges. Tout nous rapproche dans deux continens, mais nous aimons encore mieux être rapprochés par une sympathie mutuelle que par des intérêts. Nous avons cru reconnaître cette sympathie dans les paroles prononcées par le roi Albert, et nous lui en sommes reconnaissans.


FRANCIS CHARMES.

P.-S. — Cette chronique était écrite quand la Commission a repris ses travaux et a entendu, après la déposition de M. Lépine, plusieurs autres dépositions importantes. Depuis, Rochette a été condamné à deux ans de prison et trois mille francs d’amende.


Le Directeur-Gérant, FRANCIS CHARMES.