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Les grands accidens de sous-marins


I

Sans faire peut-être autant de victimes que d’autres catastrophes, les naufrages de sous-marins frappent davantage l’imagination publique. La nouveauté de la navigation entre deux eaux, sa hardiesse, le mystère des profondeurs qui couvre le bateau disparu, l’incertitude surtout émeuvent irrésistiblement. Que des malheureux survivent, scellés dans une double prison d’acier et d’eau, et qu’on puisse, des jours durant, frôler leur agonie sans arriver à les secourir, cela émeut la sensibilité. Puisque le sujet est malheureusement d’actualité, rappelons quels ont été les accidens des sous-marins modernes, voyons ce qu’on a fait pour en éviter le retour, et demandons-nous ce qui reste à faire.

S’il y a des siècles que l’humanité songe à s’emparer d’un domaine réservé aux espèces animales les plus éloignées d’elle par leur fonctionnement vital, il n’y a que vingt-trois ans que le problème a reçu sa solution, avec le Gymnote de Gustave Zédé. Et depuis six ans seulement la mer, violée dans ses profondeurs, a commencé de se venger. Il s’est produit une quinzaine d’accidens graves : chez nous, initiateurs du progrès, trois, sur plus de 30 000 plongées. La proportion ne dépasse pas celle des accidens du travail dans beaucoup d’industries maritimes ou mécaniques. La différence consiste jusqu’ici en ce que l’avarie sous-marine tourne aussitôt à la catastrophe, par l’effet des conditions qui l’environnent.