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bons. Les chiffres de 1908 ne sont pas encore connus, mais, d’après les renseignemens que j’ai pris à Manaos, la valeur globale était plus forte que celle de l’année précédente [1].

L’exportation des noix de Para est restée stationnaire, ou à peu près (120 000 hectolitres par an pour l’État des Amazones). L’exportation du cacao augmente. Mais il est difficile d’en donner la valeur exacte, car prix et quantité varient d’année en année.

Riche de ses trésors naturels, mais pauvre de numéraire, double raison qui rend son exploitation facile et fructueuse, l’Amazonie soutire du besoin d’hommes et d’argent. Victime de la même pénurie, le Brésil ne peut guère y remédier, l’Europe le peut au contraire, et c’est son intérêt.

Il y a en effet dans cette région de merveilleuses affaires qui ne peuvent que réussir. Toutefois une condition absolue s’impose : elle se retrouve partout ailleurs, mais elle est encore plus importante dans les pays chauds, dans le nord du Brésil particulièrement : il ne faut pas laisser les capitaux s’expatrier seuls.

  1. amazoniennes. Voici cependant un tableau très résumé de l’exportation du caoutchouc seringua des deux grands États, Para et Amazones.

    Années Valeur en Coutos de reis (1 500 francs)
    1870 12 500
    1880 19 000
    1890 71000
    1894 84 000
    1898 182 000
    1902 142 000
    1906 193 000


    Voici plus détaillée et dans le cours des dernières années la valeur en livres sterling de l’exportation du caoutchouc — sorte Para — dont le type seringua est une variété.

    Années Valeur
    1902 7 115 298
    1903 9 308 869
    1904 10 595 540
    1905 13 436 432
    1906 13 075 824
    1907 12 824 012


    Ce dernier tableau est tiré d’un récent article de M. Labordère.

  2. Nous avons surtout insisté sur la production du caoutchouc. C’est en effet le plus important des produits de la région. Elle en a même presque le monopole, et si elle ne compromet pas son avenir en Taisant « la valorisation du caoutchouc » comme Sâo Paulo a fait la valorisation du café, elle peut le conserver indéfiniment. On pourrait à ce sujet dire que le Brésil a deux pôles commerciaux, le café dans les États du Sud, le caoutchouc dans ceux du Nord. Mais les Amazoniens pousseraient trop loin l’amour de la symétrie, s’ils voulaient imiter les erreurs économiques, heureusement passagères, des Paulistes.