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Plus haut que la cité, par-delà son enceinte,
Dans l’atmosphère bleue où meurent des lilas,
La tour Moulay Yazid, surnaturelle et sainte,
Dessinée en relief sur l’écran de l’Atlas.


PAYSAGE


Des murs fauves, troués parfois d’ogives noires,
Porches béans où rôde une éternelle nuit ;
D’innombrables créneaux que la lumière cuit,
Des tours où la lézarde a sculpté ses grimoires.

Vieux remparts délabrés, évocateurs de gloires,
Leur ligne, à l’horizon, devient vague, s’enfuit,
Puis s’évapore enfin ! Pas d’oiseau ! Pas un bruit !
La poussière flamboie et déroule ses moires.

Derrière un chamelier, au loin, passe un chameau,
L’Oued n’est plus qu’un long précipice sans eau ;
Et tout près, un cheval, parmi quelques broussailles,

Putride, ballonné, dort son dernier sommeil,
Tandis qu’un chien berbère, à pleins crocs, au soleil,
Dévide l’écheveau rouge de ses entrailles.


Alfred Droin.