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La promenade à Tombouctou


II.[1]


IV. — GLOIRE ET MARTYRE DE LA VILLE

L’élite formée par Sidi-Yahia se trouvait au lendemain de sa mort, en 1462, sans chef spirituel pour s’opposer aux entreprises des nomades. Excédée par les violences d’Akil et de ses insatiables Touareg, elle implora les Songaïs de Gao et leurs princes Armas affranchis de l’autorité mandingue à la faveur de l’invasion Mossi. Répondant à cet appel, la cavalerie de leur sonni Ali-Ber se déploya, le 29 janvier 1468, sur la rive gauche du Niger, après avoir passé le fleuve dans les pirogues des marchands. A cette vue, les Touareg s’envolèrent dans leurs sables. Ali-Ber posséda la cité qu’à son grand-père, Dia-Assibaï, avait prise le pieux empereur de Mali, Kankan-Moussa.

Malheur affreux pour les lettrés. Quoique musulman, Ali-Ber était sceptique en matière de religion. Monarque très absolu, il détestait que marabouts et lettrés acquissent de l’importance politique. Parce qu’ils voulurent obtenir du sonni quelques garanties légales, et une sorte de charte jurée sur le Coran, ils furent accusés d’alliance avec les Touareg. Cruellement Ali-Ber les persécuta, les condamna, les pourchassa dans les environs, à

  1. Voyez la Revue du 15 décembre 1913