Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/162

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
L’ÉTERNELLE ALLEMAGNE
D’APRÈS LE LIVRE DE M. LE PRINCE DE BÜLOW

III[1]

DE BISMARCK À GUILLAUME II


« Sous la direction de Bismarck, mainte chose était accessible et possible qu’il faut aujourd’hui rayer sans bruit du domaine des possibilités. Bismarck était lui-même un antécédent politique : il est déraisonnable aujourd’hui de demander des procédés et des entreprises pour lesquels cet antécédent fait défaut ; il faut que nous prenions d’autres chemins et que nous trouvions l’énergie et la volonté d’arriver au but sans avoir Bismarck pour guide. » Ainsi parle M. de Bülow, et c’est une maxime, qui souvent reparaît dans son livre, que, sans Bismarck, on ne saurait gouverner comme Bismarck l’empire qu’il avait taillé à sa mesure : « Bismarck pouvait enfreindre toutes les règles et attendre un prompt résultat d’une résolution des plus audacieuses ; nous, qui ne pouvons pas nous permettre cela aujourd’hui, nous sommes forcés de recourir à un travail incessant et raisonné. » Et c’est un dur travail, pensait M. de Bülow, une tâche presque impossible que maintenir sans Bismarck l’œuvre bismarckienne, l’hégémonie de Berlin à la mode de 1871.

À vrai dire, cette œuvre bismarckienne n’a pas survécu à son ouvrier : tant qu’il fut au pouvoir, il la prolongea et, durant

  1. Voyez la Revue des 1er et 15 février.