Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 30.djvu/161

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11 250 000 marks de capitaux. Il s’agit ici du capital nominal ; mais, les cours des Bourses ont donné une plus-value énorme à tous ces fonds publics, même si on tient compte de la régression subie par les cours des principales valeurs à la suite de spéculations qui mirent en danger une partie de l’épargne allemande.

La plupart de ces entreprises étaient jeunes. Pour beaucoup d’entre elles, l’avenir s’annonçait très beau. En effet, leurs propriétés agricoles, d’élevage ou minières, étaient à peine mises en valeur. Leur accroissement paraissait certain.

En 1912, les importations donnèrent un total de 322 016 000 marks, — les exportations 251 338 000, — et le commerce total 573 354 000.

Bref, le commerce extérieur total des colonies allemandes, en 1912, dépasse sensiblement le demi-milliard. Il était, ainsi, deux fois et demi supérieur à celui de 1905.

D’après le directeur de la Deutsche bank, les échanges commerciaux de l’Allemagne avec ses colonies se montait à 127 millions en 1914 contre 13 750 000 en 1898.

Ces chiffres se suffisent à eux-mêmes. Les accompagner de commentaires ne pourrait que diminuer l’impression qu’ils produisent.


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Devant de semblables résultats, obtenus en si peu de temps, on se demande où se serait arrêté le développement colonial germanique. La question devient plus angoissante encore si l’on songe aux prétentions qui ont été révélées dès les premiers jours du mois d’août 1914. Il résulte des déclarations officielles du gouvernement de Berlin que les projets extravagans des pangermanistes ont été encore dépassés par ceux du pouvoir officiel. Au temps des vains espoirs pacifistes, on traitait de billevesées les conséquences pourtant inévitables de cette Weltpoiitik ; mais, en fait, toute l’Allemagne était convaincue qu’elle avait droit à la suprême hégémonie du monde. C’est ce qu’il ne faut pas oublier, pour bien comprendre à quels dangers nous fûmes tous exposés et l’avenir sombre dont la guerre actuelle, malgré toutes ses douleurs, nous a sauvés.

D’ailleurs, cette politique d’absorption avait réalisé déjà une partie de son vaste programme : le Bagdadbahn suffirait à