Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 30.djvu/160

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le dernier recensement, était de 1 245. Leurs propriétés couvraient 13 millions d’hectares peuplés par 142 000 têtes de gros bétail et 631 000 de petit bétail, dont surtout des moutons à laine.

Dans toute cette région, l’Afrique du Sud-Ouest est la seule contrée offrant aux Européens un climat tempéré et favorable à la colonisation. Les autres possessions allemandes sont situées dans la zone tropicale.

En 1904, l’Allemagne possédait en Afrique 479 kilomètres ferrés. La France en avait alors 5 000 en exploitation. Neuf ans plus tard, en 1913, les Allemands exploitent dans les mêmes régions 4 176 kilomètres de chemins de fer contre 7 600 dans les colonies françaises. Ainsi, le réseau colonial allemand augmentait de neuf fois sa valeur initiale. Le réseau français d’outre-mer ne s’accroissait dans le même temps que d’un tiers.

Les efforts de la Deutsche Kolonialgesellschaft avaient donc abouti. La persévérance teutonne, une fois de plus, était victorieuse.

Au point de vue financier, que représentait ce domaine colonial ? La Koloniale Rundschau de mars 1914 nous renseigne à ce sujet. 300 millions de marks ont été engagés par l’Etat en construction de chemins de fer. Ils étaient réalisés ou à la veille de l’être quand éclata le coup de tonnerre du mois d’août 1914.

Les emprunts coloniaux à la date de juin 1914 représentaient un total de 308 646 000 francs.

Les entreprises privées, l’Annuaire colonial de Heyd pour 1913 nous l’indique, représentaient nominalement 463 000 000, dont 352 275 000 pour les sociétés allemandes seules.

Il faudrait y ajouter la valeur des compagnies de navigation et de la Société de transport fluvial Kamerun schifffahrt Gesellschaft, au capital de 2 millions et demi de francs.

Les compagnies de chemin de fer avaient immobilisé 127 000 000 marks, dont 75 000 000 pour la Shantung-Eisenbahn-Gesellschaft. Cette voie touche à Tsing-Tao. Le capital des sociétés agricoles valait 90 000 000 ïïmks. Les associations commerciales en représentaient 30 000 000. Les groupes miniers 60 250 000. Les entreprises mixtes et diverses 138 750 000, toutes allemandes, sauf deux ou trois sociétés anglaises. Enfin, les banques coloniales avaient engage