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La guerre sous-marine de 1917


« C’est la guerre au couteau, » nous crient les Allemands, et il est assez curieux qu’ils se servent de cette expression pour désigner la plus nouvelle, la plus scientifique, la plus surprenante des méthodes que l’homme, ce loup de génie, ait imaginées pour détruire les autres hommes. Mais il faut entendre, n’est-ce pas ? que la lutte va prendre, sous les eaux comme à leur surface, et sur la terre et dans les airs, un caractère d’exaspération féroce, où la voix de la pitié ne sera jamais plus écoutée, où disparaîtra le peu qui subsistait encore du respect des conventions internationales ayant pour objet de limiter la cruauté de la guerre.

Voyons d’abord cela d’un peu près, car, vraiment, on se demande ce que pourront bien faire nos ennemis de plus qu’ils ne font déjà et comment ils arriveront à se surpasser eux-mêmes en fait de mépris des lois divines et humaines.

Ils le peuvent pourtant. Je viens de lire le récit d’un capitaine de vapeur de commerce français qui a vécu douze jours dans un grand submersible allemand avec une vingtaine d’hommes qui restaient de son équipage. Ces pauvres gens, après bien des souffrances, eurent du moins la vie sauve. En tout cas, il n’y aura plus désormais pour les belligérans d’avertissement préalable, même en dehors de la zone des eaux territoriales anglaises où, dès le 18 février 1915, il était