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Les révolutions économiques de la guerre


II. CHEZ LES NEUTRES [1]


I

A côté des nations qui, avec leur sang, écrivent l’histoire, comment vivent celles qui, plus heureuses, la lisent, mais ne la font pas ? Il est pour les belligérans des degrés dans la gêne, et l’on ne saurait comparer les Français qui mangent du pain blanc aux Allemands qui mangent du pain noir ; mais, pour nos alliés comme pour nos ennemis, la cherté est cause de misère. Pour les neutres, elle est parfois effet de la prospérité. La vie a enchéri dans tout l’univers, mais tout l’univers ne souffre pas de cet enchérissement.

Chez les neutres dont le change a monté par rapport aux belligérans de 15, 20 ou 25 pour 100, comme la Hollande, le Danemark, la Suède et la Norvège, il est clair que la cherté ne vient pas d’une inflation monétaire, d’une abondance excessive de cet instrument de crédit qu’est le billet de banque ; mais chez eux les prix, quoique exprimés en une monnaie recherchée et qui fait prime, subissent l’influence des frets sur les objets

  1. Voyez la Revue du 15 février.