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importés par mer, et, lorsqu’il s’agit d’une marchandise dont le blocus prive l’Allemagne, les efforts faits par nos ennemis pour se la procurer se traduisent chez leurs voisins par une hausse sensible de ces articles. La liste en est longue : ils comprennent toute la contrebande de guerre, les Alliés ne la laissant pénétrer en pays neutres qu’autant que-ceux-ci s’engagent à ne pas approvisionner l’ennemi.

La Hollande, par où transitaient avant la guerre des milliards de francs d’importations allemandes, a pris des mesures énergiques pour remplir loyalement ses engagemens envers les Alliés : elle a créé tout au long de ses frontières de l’Est une zone de contrôle de 10 kilomètres ; les villes de cette région ont été déclarées en état de siège, ce qui permettait une plus stricte surveillance militaire. A Tilburg, tous les chemins conduisant hors de la ville sont barricadés et les véhicules contrôlés ; à Wow, à Philippine, des bandes de contrebandiers ont été souvent arrêtées et des compagnies d’agens cyclistes ont été déplacées maintes fois, parce qu’elles s’entendaient trop bien avec les habitans ; depuis quelques mois on a doublé les postes. L’appât du gain, pour le simple soldat auquel on offre des sommes énormes, l’incite évidemment à laisser les fraudeurs passer à travers les lignes hollandaises.

Les Allemands, qui laissent les marchands hollandais s’avancer sur territoire belge, ne négligent rien pour provoquer la contrebande ; dans une affaire d’exportation frauduleuse de margarine et d’huile de lin, jugée par la Cour d’appel d’Arnhem, où le procureur requérait six mois de prison, il fut prouvé que tout avait été organisé par la « Centrale d’achat » de Berlin. Tantôt c’est du cuivre qui reste en souffrance aux bords de la Meuse, par suite d’une crue de la rivière ; tantôt c’est du caoutchouc que la maréchaussée, prévenue par la légation de Belgique, saisit aux environs de Bréda. La liste noire des firmes suspectes en pays neutre, publiée par le gouvernement anglais, contient soixante-sept noms pour les Pays-Bas ; mais elles sont surveillées, et l’Association hollandaise, — la Nederlandsche Overzee trust, — organisme qui comprend plus de sept cents employés, exerce un contrôle aussi sévère que possible sur les ventes.

Si l’efficacité de ces mesures pouvait être mise en doute, il suffirait de rappeler l’émoi et les récriminations qu’elles ont