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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




Au dernier jour de mars, le premier acte du terrible drame qui se jouait alors entre la Scarpe et l’Oise pouvait être considéré comme terminé. La péripétie s’était produite, ainsi que nous l’avons noté, dans l’après-midi du samedi 30, et, le mercredi 2 avril, les généraux qui étaient à portée de juger sûrement la situation déclaraient que « le rétablissement était fait. » Mais un seul acte n’est pas toute la tragédie. Le 4 avril, l’action reprenait. Les Allemands attaquaient sur 15 kilomètres, depuis Grivesnes jusqu’à la route d’Amiens à Roye; ils enlevaient d’abord Mailly-Raineval, Morisel, Castel, le bois de l’Arrière-Cour, que nous réoccupions le 5 ; nous reportions notre ligne aux abords de Mailly-Raineval et de Cantigny. En même temps, une seconde attaque se développait entre la Somme et l’Avre ; les Anglais cédaient un peu de terrain à l’Est de Villers-Bretonneux. Le 6, c’était par son aile gauche que l’ennemi agissait, dans une région longtemps tranquille, de Manicamp à Barisis-aux-Bois : on signalait là une nouvelle armée, l’armée von Boehm; et, sous sa pression, nous nous repliions, le 7 et le 8, jusqu’au canal de l’Oise et aux lisières Sud de la basse forêt de Coucy, abandonnant Coucy-la-Ville et les ruines de Coucy-le-Château. Sur ces divers points, au Sud de Montdidier, et en général dans toute la partie plus spécialement française du front, les positions, à partir de ce moment, se sont, pour ainsi dire, cristallisées. On ne s’est guère sérieusement disputé que Hangard-en-Santerre, perdu par nous le 9 avril au soir et par nous reconquis la même nuit; perdu à nouveau le 12, dans un combat rue par rue, maison par maison, à nouveau reconquis, avec des prisonniers, la nuit suivante. Le 13, une opération de détail, au Sud-Ouest de Lassigny, nous permettait de dégager Orvillers-Sorel ; sauf aux alentours de Noyon, où les stosstruppen se prodiguaient sans résultat,