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sions de M. le Président du Conseil. Il a pensé qu’après tant de semaines de critiques et de discussions, il pouvait rester dans l’esprit public un peu d’incertitude sur la valeur exacte du traité, et qu’il fallait répandre dans la nation ces paroles à la fois courageuses et confiantes.

Pour permettre à notre pays de développer toutes les énergies dont il a besoin, la première condition est de lui rendre le plus vite possible le rythme habituel de son existence. Nous avons vécu pendant cinq ans sous un régime d’exception. Tout se faisait en fonction de la guerre et en vue de la victoire. Les règles accoutumées de la vie publique et de l’activité économique n’ont plus compté. Il fallait improviser, lutter, vivre pour vaincre. Les libertés politiques comme les libertés commerciales ont dû être limitées ; les contrats suspendus ; les corps élus dont les mandats étaient expirés ont prolongé leurs pouvoirs. C’était le régime de guerre. Nous passons au régime de paix. Pour qu’il soit de nouveau établi, il ne manque plus, du moins en apparence, qu’une formalité. Le traité est ratifié, comme il avait besoin de l’être, par trois grandes Puissances, la Grande-Bretagne, l’Italie et la France. Il suffit donc que l’instrument des ratifications, c’est-à-dire un exemplaire du traité de paix, soit signé par chacun des trois chefs d’État et qu’on procède au dépôt et à lécbange des ratifications. C’est une brève cérémonie : le traité entrera en vigueur à l’instant même où sera dressé le procèsverbal de cet échange de ratifications. On attend cet instant, on l’attendra encore. Les Alliés se sont aperçu qu’aussitôt entré en vigueur, le traité produirait toutes ses conséquences ; or ils ne sont pas prêts à en assurer l’exécution. Les Allemands doivent évacuer certaines régions comme la Haute Silésie, Memel, le Slesvig. De leur côté, les Alliés doivent occuper ces mêmes régions avec leurs troupes, ils doivent en outre assurer le fonctionnement des commissions prévues par le traité et destinées à administrer certains teiritoiies, à fixer les nouvelles délimiiations, à organiser les plébiscites. Il y a toute une série de mesures très importantes à prendre et que les Alliés n’ont pas prises. Ils se sont déjà entendus sur quelques-unes et en particulier sur le dispositif militaire. Ils ont décidé que l’occupation serait faite partout par des contingents interalliés et que dans chaque zone ils désigneraient la puissance dont le représentant militaire aurait le commandement. Ils ont également confié au maréchal Foch le soin d’étudier les questions rela-