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Le particularisme bavarois de 1871 à 1914


I. LA BAVIÈRE ET L’EUROPE


Revenons à une dizaine d’années en arrière. La Bavière fait partie de l’Empire allemand ; elle y est entrée de force à la suite des deux guerres de 1866 et de 1870 ; dans la première, elle a combattu aux côtés de l’Autriche préférée par elle à la Prusse ; plus anciennement ; elle a été l’alliée de la France contre cette même Autriche alors détestée ; enfin elle est un État continental situé au centre de l’Europe. Prusse, Autriche, France, tels sont les pays entre lesquels elle a été habituée à évoluer, et, si la contrainte l’a attachée depuis trente ans à la fortune des Hohenzollern, du moins ne l’a-t-elle jamais complètement détournée des puissances qui jouèrent un rôle dans son histoire. En outre, le royaume n’a cessé, à l’intérieur de l’Empire allemand, de vivre d’une vie propre et de nourrir de grandes ambitions.

Ces ambitions lui paraissent légitimes. Il faut voir de quel ton les historiens bavarois parlent de la grandeur de leur pays au temps passé. Ils rappellent qu’au XIVe siècle l’un des ducs, qui fut l’empereur Louis IV, régnait sur la Bavière, le Tyrol, la Carinthie, le Palatinat, la Hollande, la Frise, le Hainaut, tout le pays situé entre l’Elbe et l’Oder, et le marquisat de