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Les villes d’or


III. DU CAPITOLE DE THUGGA AUX CATACOMBES D’HADRUMÈTE[1]

Autour de Carthage et dans toute l’ancienne province d’Afrique, Africa vetus, les ruines antiques foisonnent à tel point qu’il est pour ainsi dire impossible de les dénombrer. Les villes mortes y sont encore plus nombreuses que dans la province voisine, celle Numidie qui, pourtant, fut si peuplée, elle aussi, à l’époque romaine.

On ne saurait trop le répéter, et il faut y insister avec persévérance, sans se laisser rebuter ni décourager par les objections ou le mauvais vouloir : toutes ces ruines, quelles qu’elles soient, doivent être fouillées, exhumées et restaurées, ne fût-ce que pour l’embellissement de la moderne Tunisie. Aucune œuvre de beauté plus grande, ni plus indiscutable, ne peut être tentée. Cela vaudra infiniment mieux que de nous bâtir des palais, des kiosques ou des églises en style d’exposition universelle. Toute cette architecture de plâtre et de saindoux s’effondre devant l’attique d’un petit temple émergeant de ses décombres, ou la solide structure d’un vieil arc de triomphe, chargé d’ans et de gloire. En outre, ce décor de l’antiquité latine compléterait, en la magnifiant, l’image de l’Afrique moderne. Il montrerait au voyageur autre chose que des mosquées, des chameaux et des souks. Bien plus, il prouverait qu’il n’y a pas

  1. Voyez la Revue des 15 août et 1er septembre.