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Le génie du Rhin
Cours libre professé à l’Université de Strasbourg


I. LE SENTIMENT DU RHIN DANS L’AME FRANÇAISE [1]


MONSIEUR LE RECTEUR,

MONSIEUR LE DOYEN,

Je suis profondément touché de la bienveillance de votre accueil dans une journée si émouvante pour un écrivain français.

Je vous remercie et avec vous tout le corps des professeurs de m’associer, pour si peu que ce soit, à votre tâche, — une des tâches les plus importantes que nous commande la victoire, comme l’a bien marqué le Président Poincaré, qui me fait l’honneur d’assister à cette leçon, quand, au terme de sa magistrature de guerre, voulant continuer immédiatement à servir le pays, il s’est venu mettre à la tête des « Amis de l’Université de Strasbourg. » Dans cette puissante ville de Strasbourg, pendant un demi-siècle, la pensée française s’était réfugiée au foyer des familles. C’est la tâche de l’Université de rassembler et de multiplier toutes ces forces spirituelles pour reconstituer sur le Rhin une pensée publique française. L’illustre maison des Pasteur et des Fustel de Coulanges a rallumé ses feux et plus que jamais elle veut, comme une vigie avancée de notre nation, porter haut et loin les lumières de la France.

  1. Copyright by Maurice Barrès, 1920.