Page:Revue des Deux Mondes - Table générale - 1831-1874.djvu/14

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IV
INTRODUCTION

qui entraînait les esprits vers les intérêts économiques, elle traita les questions industrielles et financières tant au point de vue des doctrines que dans les détails si variés de l’application. Travaux publics, chemins de fer, régime des banques, conditions du travail, état matériel et moral des populations ouvrières, tels furent les sujets de nombreuses études éclairées par les expositions universelles et par les grandes enquêtes qui ont affirmé les bienfaits de la liberté du commerce. Il arriva donc que, durant cette période qui paraissait devoir lui être si défavorable, la Revue fut amenée par son succès même à donner un plus grand développement à sa publicité.

Cette publicité d’ailleurs avait pris hors de la France une telle extension qu’il devenait nécessaire d’étudier plus fréquemment, avec une attention plus exacte, les institutions, les mœurs, la situation économique des peuples étrangers, et de justifier ainsi le titre que s’était donné la Revue des Deux Mondes. De là les séries d’articles consacrés à l’Angleterre, à la Hollande, à la Belgique, aux états Scandinaves, à la Russie, à l’Espagne, à l’Italie, à l’Allemagne, aux États-Unis, etc. Ces travaux ont été confiés tantôt à des collaborateurs en résidence dans les pays qu’ils entreprenaient de décrire, tantôt à des publicistes qui acceptaient la mission de se rendre à l’étranger pour y recueillir les informations les plus précises. Les études d’archéologie et d’art, ainsi que les recherches scientifiques, ont eu leur place dans ces monographies, qui empruntent souvent aux récits de voyage la vivacité des impressions et le charme descriptif. Le succès bien légitime obtenu par ces séries d’articles a encouragé la direction de la Revue à multiplier les efforts et les sacrifices pour répandre ainsi des notions exactes sur les différentes contrées. Il y a là une source d’investigations qui ne sera jamais épuisée.

La France s’est trop longtemps repliée dans la contemplation de ses progrès et dans la confiance qu’elle se croyait le droit d’avoir en sa force. Ses habitans émigrent peu, et son esprit encore moins. Les choses du dehors ne la touchent que dans les circonstances où elles ont un rapport direct avec les débats de la politique intérieure, et là encore l’opinion publique, plus prompte que réfléchie, risque souvent de mal juger les aspirations, les intérêts, les ressources des gouvernemens et des peuples étrangers. À quel point cette confiance nous a été funeste, par quels épouvantables désastres nous avons payé nos illusions et nos fautes, on ne le sait que trop, La Revue n’a point à se reprocher d’avoir négligé les enseignemens que ses relations, nécessairement très étendues, lui permettaient de recueillir. Elle a fait tout ce qui dépendait d’elle pour signaler les mouvemens de l’esprit public en Allemagne, la prépondérance croissante et l’ambition de la Prusse s’appuyant sur la politique d’unité, les progrès de l’organisation militaire dont la supériorité fut révélée à Sadowa. Les nombreux articles qu’elle a publiés