Page:Revue des religions, Vol 1, 1892.djvu/315

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Il semble bien qu’Eabani venait à Uruk, dans l’intention de mettre à l’épreuve la force de Gilgamès, de se mesurer avec lui en un combat singulier [1].

Mais Gilgamès, le favori de Samas, le confident d’Anu, Bel et Ea, avait été averti en songe par les dieux de l’arrivée d’Eabani. Du fond de sa résidence d’Uruk il l’avait entrevu de loin, avant même qu’il quittât ses montagnes. Il était venu raconter ce songe à sa mère. Durant son sommeil une étoile du ciel était tombée sur son dos. On eût dit d’un suivant d’Anu qui fondait sur lui. Toutefois, loin de demeurer abattu sous le coup, il s’était relevé victorieux. Il lui raconta encore un autre songe, qui l’avait fait augurer favorablement de l’issue de sa lutte contre Eabani [2].

Sa mère, « celle qui sait tout, » sans doute la déesse Aruru, expliqua à Gilgamès le sens caché de ces deux songes. En finissant, elle vanta très haut devant son fils, Eabani et lui conseilla de nouer amitié avec lui. Il ne paraît pas, autant qu’il est possible d’en juger, que Gilgamès se rendît de suite à son avis [3].

Sur ces entrefaites, était survenu Eabani. Les deux héros se trouvaient maintenant en présence [4]. Tout d’un coup l’homme primitif était mis en contact avec l’homme civilisé. Qu’allait-il advenir de Caliban entre les mains de Prospero ?

  1. Cette conclusion est tirée de la comparaison de divers passages de cette tablette et de la suivante. V. tab. II. Col. II, l. 32 ; col. IV, l. 47 ; Col. V, l. 1-3, 16, 18 (Cf. le récit des deux songes par Gilgamès et la réponse d’Aruru où nous pour rions relever, outre le sens général, maintes expressions en confirmation de cette vue) et tab. III, Col. IV, l. 39. (Cf. Col. V, l. 6).
  2. Tab. II. Col. V, l. 21-31 (le début delà col. V est tellement fragmentaire qu’on ne saurait hasarder que des conjectures ; nous avons préféré n’en rien dire) et col. VI, l. 20-28.
  3. Tab. II. Col. VI, l. 19 et 29-41.
  4. Tab. II. Col. VI, l. 42-44.