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REVUE DU PAYS DE CAUX

pareil fleuron. En attendant, le gouvernement de Berlin détient le record de la maladresse et c’est le scandale causé par lui dans le district de Posen où des enfants ont été martyrisés par les maîtres d’école pour s’être obstinés à réciter leurs prières en Polonais, qui a permis de mesurer l’intensité des sentiments patriotiques qui subsistent en ces régions. Des trois partageants de la Pologne, il y en a toujours au moins un qui prend soin d’attiser par d’ineptes persécutions le feu du culte national ; autrefois ce fut l’Autriche, puis la Russie ; aujourd’hui c’est l’Allemagne.

Les Polonais d’Autriche, assez libres et respectés, participent largement au gouvernement de l’Empire et se font la main à la politique ; ceux de Russie se sont tournés vers les affaires et leur pays s’est prodigieusement développé et enrichi ; ceux de Prusse souffrent pour la cause commune et lui assurent l’invincible force que produit toujours la persécution. Ainsi se remplissent les réserves de sens politique, de puissance financière et d’élan national qui rétabliront un jour l’antique et noble Pologne.

Mensonge Maladroit.

C’est un vieux dada de la presse Anglaise, de persuader aux États-Unis que, lors de la guerre de Cuba, ils furent sauvés par l’Angleterre d’une intervention Européenne. Il n’y a pas un mot de vrai dans cette histoire. Mais ce qui est grave c’est qu’un des membres du cabinet britannique, Lord Cranborne, sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères, questionné à la Chambre des Communes par un député, prit à son compte cette ingénieuse fumisterie et sans oser la confirmer positivement, s’arrangea pour l’accréditer par sa réponse. Il comptait sans Guillaume ii. L’empereur d’Allemagne n’ayant pu réussir, par les démentis de ses journaux officieux, à couper les ailes de ce canard, fit publier une dépêche de son ambassadeur à Washington relatant la tentative zélée faite par son collègue Britannique, à la veille de la guerre, pour obtenir une intervention collective de l’Europe, proposition que l’Allemagne repoussa. Voilà Lord Cranborne dans une jolie posture. Il aura quelque peine à s’en tirer. Nul ne le plaindra.

L’alliance Anglo-Japonaise.

On raisonne de tous côtés sur les conséquences possibles de l’alliance Anglo-Japonaise dont la proclamation a surpris tout le