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HYGIÈNE ET PROPRETÉ

court » que fut donnée la note comique. S’il est vrai que le pauvre M. Huysmans ait dit à un journaliste : « De Victor Hugo, je ne pense que du mal, je vous l’avoue carrément », le public, en songeant à lui, se représentera un insecte rageur grimpant la paroi impitoyable d’un marbre géant.


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HYGIÈNE ET PROPRETÉ



Rien ne porte à croire malheureusement que les Normands soient plus propres que le reste des Français, lesquels ne sont point, en général, des disciples fidèles de la propreté.

Qu’est-ce que la propreté et en quoi consiste-t-elle ?

C’est très simple. Elle consiste à se laver, une fois par jour, des pieds à la tête.

Que faut-il pour cela ? Un seau d’eau, une éponge, une serviette et un peu de volonté.

Qu’est-ce qui fait défaut ? L’eau ? — Non. — L’éponge ? — Pas davantage. — La serviette ? — Encore moins. — Ce qui fait défaut, c’est la volonté.

Au sortir du lit, le contact de l’eau froide est rude à qui n’y est pas habitué dès l’enfance, La peau l’appréhende et frissonne ; l’imagination se représente la sensation du saisissement prochain et l’augmente par anticipation ; il faut l’accoutumance pour que le saisissement se tourne en bien-être.

Ce bien-être est réel. La coulée de l’eau sur le corps devient une joie pour tout l’organisme. Le « tub » matinal, comme l’a dit spirituellement un publiciste, est une sorte de baptême quotidien qui rénove non-seulement l’homme matériel, mais l’homme moral et lui rend l’élasticité de l’esprit en même temps que celle des muscles. On se sent non-seulement plus dispos, mais meilleur après s’être lavé à grande eau.

Il y a, du reste, dans la propreté, autre chose qu’un agrément à goûter ; il y a un avantage certain à récolter.

Pour le bien apprécier, il faut connaître le mécanisme de la peau. Son rôle est double ; elle sert à éliminer du poison et à