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REVUE DU PAYS DE CAUX

d’énormes graphites dont les bizarres contours ornent les rochers et les tranches de falaises calcaires émergeant du sol sablonneux. Des animaux et des hommes y sont représentés et l’analyse ultérieure de ces dessins ne peut manquer d’ouvrir, sur le passé de ce pays, de curieuses perspectives.

Choses d’Irlande.

Il faut ignorer totalement les Irlandais pour croire que la visite du roi Édouard et de la reine Alexandra, — visite qu’accompagne si opportunément la certitude de succès du bill agraire — les laissera indifférents ; mais nous pensons qu’il ne faut pas les connaître tout à fait pour s’imaginer que ces concessions, si larges soient-elles, suffiront à les désarmer. Et nous pouvons même ajouter qu’à notre avis, ils ne désarmeront jamais. Avec beaucoup de courage et d’audace, M. George Wyndham a proposé un règlement de la question agraire auquel le cabinet tout entier a donné son adhésion, M. Chamberlain en tête, par la raison que les députés Irlandais forment au parlement un groupe important dont les ministres se trouvent avoir besoin pour appuyer leur politique générale. On aperçoit tout de suite que si l’initiative de M. Wyndham se recommande par un généreux souci d’équité, la coopération de ses collègues s’inspire principalement d’un intérêt personnel ; les députés Irlandais ne s’y sont pas trompés ; donnant donnant ; ils prennent le bill et promettent leurs voix.

Le tenancier Irlandais aspire de tout temps à la possession de la terre, on lui en a déjà facilité l’acquisition. Cette fois l’État intervient en grand ; il achétera au landlord et revendra par annuités, au tenancier, un peu moins cher qu’il n’a acheté. L’opération, commercialement parlant, n’est pas brillante ; mais si elle devait engendrer la paix entre les deux pays, l’Angleterre n’aurait pas payé trop cher un si précieux avantage. Là, précisément, est le point douteux. Les Irlandais, considérant que le sol de leur île fut jadis arbitrairement confisqué, ce qui est exact, en réclament la restitution pure et simple entre les mains de ceux qui le cultivent aujourd’hui, ce qui est insoutenable. Réclament-ils cette mesure radicale avec ou sans arrière-pensée ? Beaucoup prétendent qu’ils font valoir ainsi un droit théorique et que dans la pratique, ils se résignent volontiers à l’acquisition. Mais étant donné le caractère Irlandais, il n’y aurait rien de surprenant à